Le film On l'appelait Robin des Bois (titre original : The Death of Robin Hood), réalisé par Michael Sarnoski et mettant en vedette Hugh Jackman dans le rôle-titre, propose une nouvelle interprétation du célèbre hors-la-loi médiéval. Cette adaptation cinématographique, sortie le 1er juillet, s'éloigne des représentations traditionnelles pour explorer une facette plus brutale et ambiguë du personnage, s'inspirant des récits originels de la légende.
Une réinterprétation crépusculaire du mythe
Le réalisateur et scénariste Michael Sarnoski, connu pour ses œuvres comme Pig et Sans un Bruit, Jour 1, a conçu On l'appelait Robin des Bois comme une œuvre crépusculaire. Hugh Jackman y incarne un Robin des Bois au "visage abîmé", présentant un personnage tragique dont le regard trahit une sauvagerie contenue, une interprétation qui a été comparée à son rôle dans le film Logan.
Dans cette version, Robin des Bois n'est pas le héros qui vole aux riches pour donner aux pauvres. La légende populaire est présentée comme un moyen pour lui de gagner la confiance de la population afin de mieux la trahir. Le personnage est dépeint comme un homme ayant passé sa vie à commettre des crimes et à tuer, hanté par le poids de ses actes et poursuivi par les familles de ses victimes.
Le film, produit par A24, débute par une plongée dans les forêts d'Irlande du Nord, où les actes de Robin sont décrits comme cruels et visuels. La scène introductive, où un Robin taciturne raconte sa vérité avant de massacrer une invitée mal intentionnée, vise à briser toute ambiguïté sur la nature violente du protagoniste, rappelant l'approche graphique de films comme The Northman.
Le parcours vers la rédemption
Après un combat violent, le personnage de Robin des Bois, qui désire la mort, se voit offrir une seconde chance de rédemption. Il arrive, sous l'identité d'un inconnu, dans un prieuré situé sur une île isolée. C'est là qu'une nonne guérisseuse, interprétée par Jodie Comer, joue un rôle clé dans son cheminement.
Le récit connaît un basculement narratif, l'aventure devenant intérieure. L'arrivée de la fille de Petit Jean offre également à Robin une opportunité de faire les choses différemment, de léguer sa sagesse plutôt que sa violence. Le film cherche à démystifier le personnage, le déshabillant de sa légende pour se concentrer sur l'homme et ses questions de pardon et de réconciliation avec son passé.
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Sortie du film et contexte cinématographique
Le film On l'appelait Robin des Bois est sorti en salles le 1er juillet. Sa sortie intervient dans un contexte où la fréquentation des cinémas français a connu une augmentation de 65% par rapport à juin 2025, en partie grâce à une offre cinématographique diversifiée et à la recherche de fraîcheur dans les salles climatisées. Le film est cité parmi les sorties attendues qui contribuent à cette dynamique.
Les origines et l'évolution du mythe de Robin des Bois
Les spécialistes soulignent que le mythe de Robin des Bois, issu de l'oralité dès le XIIe siècle et mentionné pour la première fois par écrit en 1377, a toujours été sujet à réinterprétation. Les premiers récits le décrivaient comme un "bandit à la morale ambiguë" et un "voyou violent et irrévérencieux", capable d'actes extrêmes comme la décapitation et la mutilation, notamment dans A Gest of Robyn Hode (fin du XVe siècle).
Des éléments emblématiques de la légende, tels que l'histoire d'amour avec Marianne ou l'idée de voler aux riches pour donner aux pauvres, sont des ajouts postérieurs. Les premiers récits ne mentionnaient pas d'histoire d'amour avec Marianne et le personnage était dévoué à la Vierge Marie, son action étant motivée par la lutte contre la corruption et l'aide à des individus honnêtes en difficulté.
Le personnage de Robin des Bois a évolué au fil des siècles, passant d'un yeoman (paysan propriétaire) à un noble comte de Huntingdon sous l'influence du théâtre élisabéthain. Les premiers récits situaient également Robin des Bois dans la forêt de Barnsdale, et non de Sherwood, illustrant la malléabilité de la légende à travers les adaptations, loin des images idéalisées popularisées par des adaptations ultérieures comme celle de Disney ou le film de 1938 avec Errol Flynn.